Déclaration de la Comission Nationale de la Presse (CNP)
Jeudi 28 Octobre 2004
-- Eugène Kacou --
La Commission Nationale de la Presse (CNP) vient d'être saisie officiellement par l'Etat-major des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) pour le compte des Forces de Défense et de Sécurité, dans la lettre n°1252/EMA/CAB du 27 octobre 2004.
Depuis plus d'un mois, l'Etat-major des Fanci proteste contre le traitement tendancieux et partisan des moindres faits et gestes en rapport avec l'outil de défense nationale par certains organes de presse. Et la goutte d'eau qui fait déborder le vase de mécontentement se trouve être le numéro 1545 du quotidien " Le Patriote " du mardi 26 octobre 2004, avec à sa Une la photo du Chef d'Etat-major, logé dans le point de mire dudit journal. De fait, cette Une de " Le Patriote " rappelle étrangement une autre du même journal qui a été matérialisée, malheureusement, et dont la Côte d'Ivoire subit aujourd'hui les graves conséquences. La démarcation entre la volonté de prévenir un phénomène et l'incitation à le promouvoir est très mince.
La Commission Nationale de la Presse fait remarquer que les organes de presse, toutes tendances confondues, se livrent à cet exercice avec une certaine légèreté. La Commission Nationale de la Presse, sentant une résurgence de la tension sociale alimentée par la dérive des plumes, a entrepris depuis le 13 octobre 2004, une visite des rédactions en vue de les inviter à la modération. Un appel de la CNP a même été lancé à l'occasion du premier anniversaire de la mort du correspondant de Radio France International, Jean Hélène, demandant aux journalistes de s'affranchir de la tutelle politique. Mais contre toute attente, les quotidiens affidés des partis politiques ou groupement à caractère militaro-politique, conjuguent leurs efforts dans le but inavoué de fragiliser la cohésion et l'unité qui caractérisent les forces de Défense et de Sécurité et mettre à mal les progrès enregistrés dans la pacification du pays.
La CNP, réunie en session extraordinaire le mardi 26 octobre 2004: - condamne avec force ces abus; - met en garde leurs acteurs et les entreprises de presse qui leur servent de supports, contre les conséquences qui pourraient en découler; - exige l'arrêt immédiat de ces dérives et la stricte observance des prescrits déontologiques. Le Président de la République, dans le message à la Nation du mardi 12 octobre 2004, a insisté sur le rôle important de la presse dans le contexte actuel, et exhorté les journalistes, hommes et femmes des médias à calmer le jeu. A sa suite, la Commission Nationale de la Presse appelle une fois encore, toute la presse à se conformer à l'esprit qui sied à la réconciliation nationale. Fait à Abidjan le 27 octobre 2004
Source : Soir Info
Déclaration de l’UNJCI relative à la disparition à Bouaké du correspondant du quotidien l’Inter.
Vendredi 1 Octobre 2004
I - LES FAITS
Dans un courrier en date du 29 Septembre 2004, le rédacteur en chef du quotidien l’Inter, Mr Charles d’Almeida à saisi le président de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (L’UNJCI), afin d’informer le Conseil Exécutif de l’Union de la disparition à Bouaké, du correspondant de son journal Mr Amadou Dagnogo dont il est sans nouvelles depuis un mois. Le rédacteur en chef de l’Inter a par ailleurs expliqué qu’avant d’être porté disparu, son collaborateur lui a fait part des menaces de mort proférées contre sa personne par Mr Alain Lobognon, alias adjudant Antoine Beugré, Directeur de la communication des Forces Nouvelles. La preuve de l’existence de ces menaces avait été fournie par Mr Alain Lobognon dans un courrier adressé au quotidien l’Inter à la date du 24 Août 2004 dont copie a été transmise au Conseil Exécutif de l’UNJCI.
Après enquête, le Conseil Exécutif de l’UNJCI détient grâce à de nombreuses sources concordantes et crédibles, des informations selon lesquelles, Amadou Dagnogo, le correspondant de l’Inter, est effectivement détenu par les éléments des Forces Nouvelles à Bouaké.
II - NOTRE POSITION
Le Conseil Exécutif de l’UNJCI :
- Exige la libération immédiate et sans conditions de notre confrère Amadou Dagnogo ;
- Condamne avec la dernière énergie cet acte qui fait régresser de façon dangereuse et inacceptable la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. Cela, au moment où, la grande famille de la presse, toute la communauté nationale et internationale saluent l’adoption en conseil des ministres de la nouvelle loi sur la presse qui approfondit justement la liberté de presse et d’expression ;
- Appelle le gouvernement de réconciliation nationale, l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), l’Union Africaine (UA), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les pays du G8, toutes les organisations de défense des droits de l’Homme et tous les partis politiques ivoiriens signataires de accords de Marcoussis et d’Accra III, à faire diligence pour obtenir la libération immédiate et sans conditions du correspondant du quotidien l’Inter ;
- Dénonce avec vigueur toutes les menaces de mort et autres actes d’atteintes flagrantes à la liberté de la presse dont sont souvent l’objet, les journalistes, des responsables des forces nouvelles.
En tout état de cause, l’Union demande au gouvernement d’entreprendre toutes actions utiles en vue de préserver la vie de ses membres menacée aujourd’hui quotidiennement dans les zones sous contrôle rebelle.
Le Conseil Exécutif de l’UNJCI appelle le Secrétaire Général des Forces Nouvelles, par ailleurs Ministre d’Etat, Ministre de la Communication, Mr Soro Guillaume, à garantir la liberté de circulation et de travail pour les journalistes dans les zones sous contrôle de son mouvement comme il y est souvent engagé.
Fait à Abidjan le 29/09/2004
Pour le Conseil Exécutif de l’UNJCI
Le Président
Amos BEONAHO