Régime juridique de la presse : Liberté et responsabilité, les enjeux de la nouvelle loi
Dimanche 5 Septembre 2004
Al’initiative de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire, praticiens du droit, autorités régaliennes et des confrères ont au cours d’un atelier jeudi, défriché les textes.
Promouvoir la liberté de la presse dans la responsabilité est la préoccupation des journalistes et patrons de presse.
C’est dans ce cadre que l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) a initié un atelier de réflexion sur le projet de réforme de la loi portant régime juridique de la presse, hier à la maison de la presse au plateau.
Deux allocutions ont ouvert l’atelier : celle du président de l’UNJCI, monsieur Amos Bénaho qui a situé le but de la rencontre et celle du directeur des relations extérieures du ministre d’Etat, ministre de la Communication, M. Mama Fofana qui a invité les journalistes à travailler dans le sens de la réconciliation.
La première communication faite par Dr Koumoin François juriste et président de l’AIDD sur la loi sur la presse de 1991 a conduit l’orateur à définir le contexte de rédaction de cette loi, à savoir la situation socio-politique de l’après multipartisme.
Pour lui, les conditions pour aboutir à une presse professionnelle s’articulent autour de la formation des journalistes, l’indépendance accrue des organes de régulation, la promotion de la presse régionale et l’application de la loi de la déontologie de la corporation pour éviter la prise de sanction pénale ou civile, du reste sans effets probants.
Il faut noter que cet atelier a bénéficié du soutien de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO, Dakar).
Déontologie et éthique
Dimanche 5 Septembre 2004
L’application et le respect du code de la déontologie et de l’éthique sont les boussoles et les passeports du journaliste pour aboutir à la liberté de la presse en Côte d’Ivoire.”
Tel est l’essentiel de l’intervention d’Eugène Kacou, président de la Commission nationale de la presse (CNP).
Cette conception est la réponse à cette interrogation-ci : “Liberté de presse, code de déontologie et de l’éthique, quel professionnalisme?” Il a rappelé à chacun les limites et les dérives de la presse suite au non-respect et à l’inapplication du code. Selon lui, le journaliste professionnel est celui qui obéit à cette loi. Car pour Eugène Kacou, le journaliste en respectant son métier, se valorise davantage.
Aussi, a-t-il souligné que l’information doit être traitée sans manipulation et la restitution doit retracer la vérité.
Faire coïncider l’esprit et la lettre
Dimanche 5 Septembre 2004
Les projets de réforme des lois portant régime juridique de la presse et de la communication audiovisuelle, tels qu’exposés en novembre 2003, relèvent de motifs aux enjeux certains.
Aussi, avant que les législateurs n’y travaillent, il importe d’insister sur la nécessité que ceux-ci fassent coïncider l’esprit et la lettre qui sous-tendent l’édition des textes du monde des médias, au-delà de préoccupations purement politiciennes du moment.
Car s’il est loisible d’estampiller la presse de l’épithète de “ 4e pouvoir ”, il faut le dépouiller de son contenu quasi-ironique que semblent lui donner les politiciens.
En effet, l’éclosion de la presse plurielle qui va de pair avec le multipartisme politique, révèle que “ la plupart des entreprises de presse n’appliquent pas la convention collective interprofessionnelle pendant qu’elles-mêmes ne sont pas clairement identifiées. Résultat : des journalistes-militants traduisent l’éthique et la déontologie du métier, au profit de “ ristournes ” de leurs partis (et autres personnalités dont ils sont les scribes).
L’histoire récente et mouvementée de la Côte d’Ivoire s’est surprise à voir les acteurs politiques de tous bords mettre la presse à l’index dans la crise ivoirienne. Alors que les historiens du quotidien que sont les journalistes ne font refléter sous leurs plumes que le vécu…. Quotidien.
Et dans l’esprit, la dépénalisation des délits de presse évoquée à l’envi par le Chef de l’Etat nous apparaît d’un enjeu majeur triple. D’abord, par l’application (revue à la hausse) de la Convention, le journaliste pourrait être à l’abri de toute corruption ou compromission pécuniaire. Ensuite, avec une autorité renforcée des organes de régulation (CNCA, CNP, CSP, ATCI…) en amont, en plus de l’action en aval, des instances d’auto-régulation (OLPED), une auto-sélection naturelle boutera hors du marché ” les oripeaux de la corporation. Le tout sous-tendu par l’obligation de l’Etat de financer cet essor, pour en réclamer légitimement l’application juridique par les entreprises de presse.
Enfin, le niveau de recrutement des journalistes (sur titre ou expérience) clairement défini, devrait non seulement constituer un repère d’écrémage qualitatif et quantitatif, mais aussi justifier une rémunération conséquente et une considération idoine en harmonie avec la noblesse du métier.
Des axes de réflexion
Dimanche 5 Septembre 2004
Le nouveau régime juridique de la presse et de la communication audiovisuelle s’est défini hier au siège de l’UNJCI à travers la troisième communication animée par Diégou Bailly (Pdt du CNCA).
Ce régime gravite autour de trois axes, que sont sa diffusion effective après les travaux de Bassam, la mise en application des mesures coercitives afin de faciliter tout contrôle, et enfin les faiblesses des organes de régulation soumis à une pénurie de ressources humaines.
Sommairement, il faut retenir que la nouvelle loi reprend le principe de la liberté de la presse par son adhésion à une information juste sans embrigadement quelconque, avec une libre expression limitée par l’éthique.
Source : Fraternité Matin du Dimanche 5 Septembre 2004