101 - Côte d'Ivoire - Semaine de la presse pour la réconciliation nationale et la paix
Jeudi 4 Decembre 2003
Journalistes et hommes politiques s'accusent (SoirInfo -- Lundi le 24 Novembre, 2003)
-- Vincent B. --
Le vendredi 21 novembre 2003 marquait le dernier jour de la semaine de la presse pour la réconciliation nationale et la paix. Cette journée s'est déroulée en deux actes. Le premier acte dans la matinée a été essentiellement consacré au panel autour du thème : "Rôle des leaders politiques et des médias pour un climat social apaisé". Le second acte a été la cérémonie de clôture dans la soirée. Ouvrant les débats , Amos Béonaho, président de l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (Unjci), a indiqué que le thème du jour était très sensible, tant il est vrai que la presse a été l'objet d'accusations de tous ordres. Surtout d'être de connivence avec les politiciens. Le président de l'Unjci a remercié les leaders d'opinion qui ont tous répondu présents à l'invitation de l'union. MM Kadarom et Kadji Laurent , respectivement représentant résidant du programme des Nations unies pour le développement (PNUD ) et conseiller technique au ministère de la réconciliation nationale, ont tour à tour loué l'initiative de l'UNJCI non sans exhorter les futurs intervenants (journalistes et hommes politiques) à ne pas se détourner de l'objectif final qu'est la paix. Le panel a enregistré la participation effective de tous les partis et mouvements invités (PDCI, FPI, RDR, MFA, UDPCI, PIT, Forces nouvelles, UDCY.) . Les différents intervenants ont fait un vrai procès à la presse , la vouant aux gémonies. Comme alternative pour une presse plus libre , Ils ont recommandé l'application de la clause relative à la presse dans les accords de Linas-Marcoussis et exhorté à plus de professionnalisme. Les représentants des partis et mouvements invités ont aussi demandé aux journalistes d'adopter la théorie de la marionnette intelligente qui fait preuve de lucidité face à l'information à traiter. Cela éviterait bien des dérives. M. Alfred Dan Moussa , président de l'Observatoire de la presse pour l'éthique et la déontologie (Olped), a pris la parole pour battre en brèche les incriminations des hommes politiques en leur rappelant les efforts que les journalistes font pour s'améliorer. Par exemple, en s'auto-flagellant par des structures de régulation. Alors que les politiciens n'ont même pas un code d'honneur. Lors des échanges qui ont suivi, l'on a voulu avoir le coeur net sur l'état de la presse en zone sous contrôle des ex-rebelles . Alain Lobognon , directeur de la communication des Forces nouvelles, a révélé que la presse n'est pas distribuée à Bouaké par exemple mais qu'elle y parvient grâce à de bonnes volontés. Concernant la Radio télévision ivoirienne (RTI) , il a annoncé qu'elle émet dans des proportions très réduites car son mouvement la perçoit comme un instrument de combat. Après ces échanges au cours desquels chacun a été mis face à ses responsabilités, il y a eu la cérémonie de clôture dans la soirée en présence d'éminentes personnalités et des structures partenaires que sont OCHA, PANOS et le PNUD. Le prix de la meilleure rédaction qui a oeuvré pour la paix durant cette semaine, n'a pu être décerné car reporté au mois de juin 2004. Un livre d'or contenant des engagements forts a reçu les signatures des patrons de presse. Danon Djédjé , ministre de la Réconciliation nationale , après le plaidoyer de Amos Béonaho pour une presse indépendante et libre, a émis le voeu de voir se proroger, sinon s'instaurer, l'esprit de recherche permanente d'un climat apaisé par la presse. Il a promis son soutien à toutes les actions semblables qu'entreprendra l'UNJCI.